Interview de l’Ambassadeur à l’occasion du 14 juillet

À l’occasion de la fête nationale, l’Ambassadeur de France en Estonie Éric Lamouroux nous parle de la relation franco-estonienne et de ses coups de cœur culturels !

 

Monsieur l’Ambassadeur, le 14 juillet nous célébrerons la fête nationale française. Pour la réception du 14 juillet, vous vous adaptez à la situation particulière créée par le coronavirus…

Oui, comme pour beaucoup d’autres choses, nous avons dû nous adapter et réinventer nos manières de faire. Le virus continue de circuler, même faiblement, et il nous faut tous rester prudents. C’est avec beaucoup de regret que nous avons décidé de ne pas organiser de réception festive comme c’est la tradition, nous nous rattraperons l’année prochaine !

Pour cette année, nous proposons quelques événements  sur différents supports médias : nous avons demandé à des personnalités estoniennes de nous dire ce que représentait pour elles les valeurs de la devise française, liberté, égalité, fraternité, et vous pouvez découvrir leurs réponses en ligne ; nous proposons ou recommandons aussi un programme culturel alliant musiques, cinéma, littérature. Egalement, pour les Estoniens qui aiment créer en cuisine, quelques recettes de plats emblématiques du patrimoine gastronomique français, réalisés par des professionnels ou par les fins cuisiniers de l’équipe de l’ambassade ! Un petit jeu amusant de type « quiz » sur la France est aussi proposé en télévision.

Nous voulons aussi en cette année si particulière exprimer un message de reconnaissance envers les citoyens estoniens ou d’Europe qui se sont fortement mobilisés au plus fort de la crise sanitaire, pour soigner et secourir les malades, mais aussi tous les métiers qui nous ont tous permis de continuer à vivre, à nous nourrir, à nous chauffer, à nous transporter etc…

Voilà, le principe cette année, est celui d’un 14 Juillet qui vient à vous via internet !

 

La devise « Liberté, égalité, fraternité » semble faire écho à la qualité de la relation franco-estonienne, n’est-ce pas ?

C’est la devise que la France s’est choisie, au gré de son histoire, mais ce n’est pas un monopole français ! Et nous pensons bien, en tous cas espérons que tout individu ou tout peuple sur Terre peuvent se reconnaître dans cet idéal.

Pour évoquer la relation franco-estonienne : Cette devise peut en effet éclairer ce qui nous rapproche et nous motive ensemble: nous sommes de très proches alliés sur les questions internationales et de sécurité, nos échanges sont quotidiens, en particulier en ce moment où l’Estonie siège au conseil de sécurité de l’ONU, et nos armées travaillent ensemble ici en Estonie ou dans des théâtres internationaux ; comme membres de l’Union Européenne, nous discutons aussi beaucoup des enjeux européens, et la relance de l’économie de nos pays après la crise du Covid-19 nous occupe naturellement beaucoup.

J’ai beaucoup de plaisir à constater que l’attractivité mutuelle, chez nos deux peuples, progresse vite : de très nombreux étudiants français par exemple font le choix de venir étudier en Estonie, pour son environnement technologique et la qualité de vie ; de nombreux Estoniens font du tourisme en France ou apprennent la langue et pénètrent au-delà de la France, l’espace francophone. J’aimerais promouvoir aussi la culture estonienne en France, les Français sont très curieux et avides de cultures étrangères, et la région nordique est une région « à la mode » dans notre pays, c’est une opportunité ! Nous travaillons aussi à doper les relations économiques entre les deux pays, encore modestes, promouvant les opportunités pour les milieux d’affaires et l’innovation.

Dans tous ces domaines, on peut considérer que nos intérêts convergent très souvent, le but ultime étant bien de construire une société estonienne, française, et européenne, durablement prospère, solidaire et pacifiée : des sociétés où l’accent est donc mis, dans nos politiques publiques comme dans l’aspiration de nos citoyens,  sur la sauvegarde avant tout des Libertés, sur la promotion de l’Egalité, et de la Fraternité.

 

Pendant la crise, les français et les estoniens ont dû renoncer pour un temps à fréquenter les lieux et les événements culturels. Comment avez-vous vécu cette privation ?

Je dois dire que j’ai été, comme tous, très frustré et triste. Frustré comme spectateur ou consommateur de spectacles vivants, de lieux de visite bien sûr, surtout en Estonie ou l’offre culturelle est si riche. J’aurais eu plaisir à écouter Lucas Debargue par exemple, pianiste français qui devait se produire à Tallinn.

Mais triste surtout pour ce monde culturel qui se retrouvait très largement amputé de tout moyen de s’exprimer, mais aussi de vivre. Les métiers de la culture comme d’autres ont été et sont très durement touchés.

Dans le même temps je crois que nous avons tous été impressionnés de la créativité qui s’est fait jour, sous la pression du confinement, pour proposer des œuvres ou des évènements via internet. J’ai été très frappé de voir avec quelle discipline nos concitoyens se sont disciplinés pour respecter le confinement, en Estonie ou en France (en France où les règles étaient particulièrement strictes) : l’offre culturelle nous a sans aucun doute tous permis de mieux vivre ce confinement, de le supporter, et je fais partie de ceux qui ont réalisé à quel point le citoyen contemporains avait besoin de culture. Que vous soyez boulanger, banquier, étudiant, votre grand plaisir, notre grand plaisir quand nous avons bien travaillé, c’est d’aller au cinéma, au théâtre, écouter un concert. Cela nous nourrit autant que de bons fruits et j’espère que nos pays aideront ce secteur à redémarrer pour le bien de tous.

Ma première sortie, dès que cela a été possible, c’était à Telliskivi, pour le Juhan Kuusi Dokfoto Keskus, une très belle exposition de photographies de Silvia Pärmann.

 

Peut-on vous demander un coup de cœur (ou plusieurs !) à proposer aux francophiles et les francophones estoniens ?

Munissez vous de gels désinfectants, de masques si besoin, gardez une distance raisonnable et courez profiter de toutes les réouvertures  en cours de lieux d’exposition ou des premiers concerts ;

Revoir le film Le festin de Babette, sur cette incroyable rencontre de la gastronomie française et d’une communauté danoise à la fin du 19ème siècle… Poétique et gustatif…un beau film qui donne envie tout à la fois de passer à table et de deviser sur le sens de la vie, en prévision de la finale européenne des Bocuse d’Or à Tallinn mi-octobre, qui consacre la remarquable créativité et qualité de nombreux chefs estoniens : c’est un Français  gourmet et gourmand qui vous le dit. 🙂

Ne manquez pas l’exposition des BD architecturales de Peeters et Schuiten au Musée de l’architecture de Tallinn cet été !

Et retrouvons-nous à Marseille cet automne : le festival Manifesta sera tourné vers l’Estonie !

Eric Lamouroux

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Programme culturel français pour l’automne 2020

La récolte culturelle française sera riche et colorée cet automne ! En coopération avec nos chers partenaires, l'Institut français d'Estonie vous propose une programmation diverse : du film à l'exposition, de la littérature à la musique. Des événements seront ajoutés au fur et à...

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Musée de la photographie : Laurène Bois-Mariage “49 Nuances de Susceptibilité”

17 Septembre 2020 / 1 Novembre 2020

Cette année, le portrait est à l'honneur au Musée de la Photographie de Tallinn. C’est dans ce cadre qu'est présentée l'exposition 49 Nuances de Susceptibilité de Laurène Bois-Mariage. L'exposition reste ouverte du 17 septembre au 1 novembre 2020.   49 Nuances de Susceptibilité est...

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